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Authors

Jan Herman

Abstract

Nul doute que l’orphelin et l’enfant trouvé ne s’arrogent dans le champ thématique du XVIIIe siècle un fief assez important. Le motif est d’une constance surprenante tout au long du siècle, dans plusieurs genres simultanément. Quant à son origine, un premier tour d’horizon amène assez rapidement au théâtre anglais. Absent du Répertoire du théâtre françois, qui contient toutes les pièces restées au programme jusqu’en 1802, et des Tablettes dramatiques de Mouhy, qui prétend répertorier toutes les pièces françaises représentées depuis Jodelle, le motif apparaît dès les titres dans le répertoire anglais. En effet, la première pièce du Nouveau Théâtre anglais de Mme Riccoboni s’intitule The Foundling, ou l’Enfant trouvé, comédie en cinq actes, par M. Edward Moore, Représentée à Drury Lane en 1755. Plus significative encore de l’inspiration anglaise, une pièce de Bernard Joseph Saurin, de l’Académie française, se donne pour titre L’Anglomane ou l’Orpheline léguée, Comédie, 1765. La prose narrative semble à première vue conforter l’hypothèse anglaise: en 1751, Antoine de La Place, traducteur de Shakespeare, compose une libre adaptation de Tom Jones de Henry Fielding, en conservant au roman son sous-titre anglais: ou l’Enfant trouvé.4 En 1753, Crébillon donne avec Les Heureux orphelins une adaptation libre de The Fortunate Foundlings d’Elisabeth Haywood, et en 1741 on voit paraître un récit anonyme, L’orpheline anglaise ou l’Histoire de Nency Buthler, écrite par elle-même. L’orpheline anglaise est également le titre d’un roman de Sarah Fielding, traduit en 1751 par La Place. Ce petit index n’est évidemment pas exhaustif.

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