Home > ECF > Vol. 23 > Iss. 4 (2011)
Abstract
Préface pour «Gestes admirable»: Depuis l'heureuse initiative de David Blewett qui offrait en 2002 aux lecteurs d'Eighteenth-Century Fiction un double numéro de la revue intitulé «Genre romanesque et culture de l'imprimé», l'intérêt pour ce domaine est toujours plus marqué et la recherche tente aussi de prendre un virage interdisciplinaire lui permettant de conjuguer les connaissances des littéraires avec celles des spécialistes des médias et des arts visuels pour mieux décrire et mieux comprendre la culture visuelle de l'imprimé au XVIIIe siècle. Comme le soulignaient déjà les trois sections du volume évoqué, consacrées à l'auteur, l'illustration et l'histoire du livre, l'aspect matériel des ouvrages, proposés à un public lecteur en pleine évolution, affiche de précieux renseignements sur les conditions d'émergence et de développement des marchés du roman imprimé à cette époque. Divers paratextes révèlent les positions éthiques et esthétiques des auteurs, les stratégies de mise en marché des éditeurs et la nouvelle fonction de l'illustration toujours mieux intégrées aux propos publiés. Pour Nicholas Cronk, le texte et les images des romans illustrés dès leur première parution forment une unité que les nouvelles éditions critiques ignorent à leurs risques et périls.
Prenant au sérieux cette mise en garde, le groupe de recherche qui présente ici quelques résultats de son enquête sur les livres à gravures produits pendant le dernier tiers du xviiie siècle, s'est donné pour tâche d'élucider la culture visuelle qui s'en dégage en ciblant plus particulièrement des scènes mémorables ou des «gestes admirables» illustrant les peuples et leurs rencontres à travers une variété de narrations allant du récit de voyage au roman en passant par des recueils de récits brefs, histoires, anecdotes, nouvelles, contes merveilleux et voyages imaginaires sans compter les notices d'ouvrages encyclopédiques. L'hypothèse commune qui a guidé ces recherches diversifiées concerne le statut de l'image côtoyant le texte dans les ouvrages analysés. Au lieu de servir d'ornement à un texte qui se suffit à lui-même et d'en appuyer l'idée par un discours allégorique, comme c'est l'usage à l'âge classique, l'image des Lumières justifie le propos du texte en donnant à voir ce dont il est question. Ainsi, l'explorateur peut-il rendre concrets des objets reculés dans l'espace que ses lecteurs n'ont jamais vus, l'historien peut intéresser son public à des scènes reculées dans le temps et le conteur définir l'auditoire à captiver par la lecture d'anciennes ou de nouvelles féeries ... Cliquez «DOWNLOAD»
Recommended Citation
Moser-Verrey, Monique
(2011)
"L'Illustration dans l'Europe des Lumières: Un parcours interdisciplinaire,"
Eighteenth-Century Fiction:
Vol. 23:
Iss.
4, Article 1.
Available at:
http://digitalcommons.mcmaster.ca/ecf/vol23/iss4/1
Contributor's Note
Monique Moser-Verrey est professeure associée de littératures et de langues modernes à l'Université de Montréal. Elle y a dirigé le projet «Gestes admirables: La Gravure comme véhicule de l'imaginaire moral dans l'Europe des Lumières» et co-édité Le Corps romanesque: Images et usages topiques sous l'Ancien Régime (Québec: PUL, 2009).
