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Abstract

Dans les années 1780, le dessinateur Clément-Pierre Marillier travaille aux planches de deux anthologies de fiction romanesque et merveilleuse, le Cabinet des fées et les Voyages imaginaires. Ses dessins illustrent ce qui est devenu un patrimoine littéraire et prolongent le discours des éditeurs des collections sur la tradition. Ils s'inscrivent dans une culture visuelle qui met en scène, par ses références aux grands maîtres comme aux modes décoratives contemporaines, autant de lieux communs pour ses lecteurs au tournant des Lumières. À cet égard, les décors intérieurs ou extérieurs des planches, associés aux légendes des cartouches, constituent autant de cadres topiques pour les codes gestuels éloquents de la série illustrée. Les espaces de l'image opposent ou associent scènes ouvertes (théâtralisation d'une parole sacrée souvent performative) et fermées (représentation d'un cercle où conversent des personnages absorbés). Ces représentations répétées de la parole romanesque contribuent à créer un effet cyclique propre à la somme d'images dont l'iconographie réflexive dresse un monument à la fiction merveilleuse.

Contributor's Note

Aurélie Zygel-Basso mène un stage de recherche postdoctorale sur l'illustration de contes de fées au XVIIIe siècle auprès de la Chaire de recherche en rhétorique du Canada (Université du Québec à Trois-Rivières, 2009-11). Ses travaux publiés com­pren­nent une édition critique des Contes de Mademoiselle de Lubert (2005). Elle dirige l'édition des dessins de Clément-Pierre Marillier pour le Cabinet des fées et les Voyages imaginaires (avec Amélia Belin, Kim Gladu et Daphne Hoogenboezem) (à paraître).



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