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Abstract

S'appuyant sur une nouvelle chronologie des lectures richardsoniennes de Diderot, l'article fait l'hypothèse d'une influence précoce de L'Histoire de Sir Charles Grandison sur la conception du drame diderotien. Avec son rendu minutieux du dialogue rompu et de la pantomime expressive, avec sa gestion complexe des plans scéniques, Grandison, lu dans la traduction littérale complète de Gaspard-Joël Monod, fournit à Diderot le modèle d'une nouvelle esthétique dont l'adaptation servirait à régénérer un théâtre sclérosé. Avant d'examiner cette présence du modèle dramaturgique richardsonien dans l'« espèce de roman » formé par Le Fils naturel et les Entretiens, l'article propose une étude approfondie de l'intertexte du Fils naturel. La célèbre réécriture par Diderot d'Il vero amico est ainsi revisitée et expliquée à partir de la compatibilité de l'intrigue goldonienne avec celle du dernier roman de Richardson, œuvre « barbare » dont il s'agissait de retenir la leçon tout en la réduisant aux dimensions d'une pièce respectant « les lois des trois unités ».

Contributor's Note

Shelly Charles est chargée de recherche au CNRS (Centre d'Étude de la Langue et de la Littérature Françaises des XVIIe et XVIIIe siècles, Université Paris-Sorbonne et CNRS). Ses travaux portent sur la poétique du roman et l'intertextualité au XVIIIe siècle. Elle est l'éditrice de l'Histoire de Clarisse Harlove dans la traduction de Prévost et prépare actuellement une édition de Pamela ou la vertu récompensée.

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